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Girls In Hawaii | Interview

17 Novembre 2013 , Rédigé par Vibraphonyx

Girls In Hawaii | Interview
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Les Rockomotives, Vendôme, et la chance de voir un grand groupe sur scène. Plus encore, la chance et l'opportunité de leur poser quelques questions. Lionel, co-fondateur du groupe avec Antoine à donc répondu pour le groupe... Merci à lui et aussi un grand merci à Ivox qui a permis cette rencontre. 
Enjoy ! 

 

Bonjour,

 

Salut !

 

On va commencer par l'immédiat, le cadre. Vous jouez dans une chapelle ce soir,est ce que vous avez l'habitude de jouer dans un autre type de lieu comme ça, par rapport aux salles de concert ?

 

Non non c'est super rare, on arrive dans des endroits si beaux. Déjà quand on est arrivé dans la ville ce matin, Vendôme, on a déjà joué une fois ici je crois, mais on a jamais vraiment visité la ville en soit je crois, et donc c'est super beau, on s'est baladé un peu toute la journée. En fait, jouer dans une chapelle comme ça pour nous, d'un point de vue sonore ça rend toujours les choses plus amples, beaucoup plus graves, il y a un truc qui aide pas mal la musique. Voilà, ça fait partie des bonnes surprises d'une tournée, parce que là on est en tournée en fait. Et donc c'est marrant parce que c'est la deuxième fois en dix jours que l'on joue dans une chapelle, c'était à Padoue en Italie, mais celle-ci est vachement plus belle, voilà ça va être super.

 

Existe t-il une volonté d'adapter votre musique par rapport au type de lieu, par exemple pour ce soir ?

 

Non nous on ne va pas adapter ce soir parce qu'on est un peu en début de tournée et donc on a un truc qui est relativement fixe pour l'instant. Par contre dans l'interprétation là fatalement les moments plus calmes vont être plus posées. Il y a plutôt un truc dans le jeu, dans les voix qui vont être plus silencieuses, ça résonne tellement en fait qu'il faut y aller un peu plus doucement.

 

Tu dis que vous êtes en début de tournée là, donc vous avez fait une pré-tournée pour l'album et là vous faite une tournée pour l'album c'est ça ?

 

Oui c'est ça. En fait quand on a fini notre disque, on s'est un peu entraîné, et généralement on va s'entraîner loin comme ça voilà, on peut faire des fautes dans des pays où on nous connais moins. Et donc ce coup là on a eu de la chance d'aller en Chine. On a passé une semaine là bas à faire des fautes très loin. C'était notre première pré-tournée on va dire. Et voilà c'est vraiment pour qu'on apprenne à vivre ensemble, à jouer ensemble, à trouver des automatismes, et ça met du temps. Et donc ici là c'est vraiment une tournée que l'on fait officiellement pour présenter le disque.

 

Il y a eu une date encore avant l'album et avant là Chine, vous aviez fait un teaser ?

 

C'était sur France Inter je crois, c'était à Paris dans une salle, mais c'était vraiment pas terrible comme concert.

 

Je reviens sur la Chine, est ce que ça vous a servi à vous corriger, et quels retour du public, même si justement c'est un public qui ne vous connaissait pas forcément, avez vous eu ?

 

Et bien ça nous a appris à jouer, quand même, notre musique dans un pays décomplexé où la musique occidentale est pas super super présente partout. Et là on a joué dans des villes qui sont relativement petites pour la Chine. Après là comme c'était des concerts gratuits, il y avait vite 10 000 personnes qui venaient voir. Et donc il y avait une grande curiosité, ils étaient très très curieux. Après le concert, on nous a pas mal pris en photo, il y avait beaucoup de gens avec des appareils photo, c'était vraiment assez dingue.

 

Donc vous avez commencé votre tournée depuis combien de temps ?

 

Là c'est la huitième date qu'on fait d'affiler, il y a eu Suisse, Italie et maintenant on finit ici.

 

Une tournée européenne c'est ça ?

 

Ouais et il en a généralement 4 / 5 sur un disque comme ça.

 

Et tu dis vous finissez ici, là c'est la dernière date ce soir ?

 

C'est quasiment la fin, d'une tournée de 10 dates en fait.

 

Vous refaite une tournée ensuite, comment ça se passe ?

 

Ouais, quasi dans un mois on continue à tourner en France. En fait avant on faisait des tournées de un mois où quasiment tous les soirs on jouait et ici on a décidé de scinder un peu, parce que c'est vachement crevant.

 

D'accord, prendre le temps de visiter ?

 

De profiter aussi oui.

 

Tout à l'heure tu parlais de se tester, vous avez fait une résidence au festival Deep In The Woods ? Comment vous en êtes venu à faire cette résidence ? Comment le festival à été amené à vous proposer ça ?

 

En fait le gars qui organise ça, c'est un vieil ami. On l'a croisé pas mal de fois et c'était un moment où le groupe était toujours fort fragile, il n'y avait pas encore vraiment de batteur et donc il est venu et il nous a proposé de rester en résidence une semaine dans son festival. Il a dit que si on voulait jouer à la fin de son festival c'était possible mais que si on voulait pas on restait travailler à notre sauce. On avait une grande liberté. En fait son idée était de nous pousser à travailler. Donc pour nous c'était même une prise de risque parce qu'on était pas loin (encore fragile) et en même temps c'était amusant de tous se retrouver depuis 4 ans à travailler sur des nouveaux morceaux. Ça a été déclencheur.

 

Et les nouveaux morceaux, ils ont germé pendant cette résidence, où il y avait déjà des idées avant ?

 

En fait tous les idées pré-existaient, avant, mais il y avait encore des trous, genre il manquait un refrain ou des parties à des morceaux et les arrangements étaient pas encore très clairs. Donc on a appris à les jouer ensemble pour voir s'il y avait des idées qui arrivaient ou pas. On en a pas eu beaucoup à ce festival, Deep In The Wood, mais ça nous a quand même permis de s'attaquer au morceaux, d'apprendre à les jouer, de connaître un peu leurs faiblesses, tester leurs points forts.

 

Ces morceaux, vous les avez écrit à deux ?

 

A deux c'est ça, avec Antoine l'autre chanteur. En fait il les a écrit dans son coin, une partie et moi l'autre partie...

 

Pour un projet solo non ?

 

 

Il pensait faire un projet solo ouais, et moi à côté de ça j'avais continué à écrire, je ne savais pas vraiment ce que j'allais faire. On a décidé de faire ça avec Girls' après des mois et des mois de discussion.

 

Il y a eu une discussion par la reprise ?

 

Ouais qu'était pas évidente non, vu qu'après l'accident de notre batteur, c'était pas facile de reprendre un groupe qui existait déjà. Enfin tu vois, quelqu'un qui est plus là. Donc on a hésité un moment à trouver un autre nom et de recommencer, soit de surtout se séparer quoi. Mais voilà c'était plus logique je crois que l'on continue avec le groupe.

 

Il y a eu pour le nouveau départ du groupe deux nouvelles personnes dans le groupe, vous êtes toujours 6 mais avec un départ et deux arrivés, François à la batterie...

 

Non c'est François au clavier et Boris à la Batterie ouais. François ça fait un petit temps qu'on le connaît, il est arrivé assez tôt. Et Boris, ça a été plus long à faire en sorte que ça marche avec lui en fait. C'est quelqu'un que l'on admire depuis longtemps dans son jeu, il a eu beaucoup de projet, il a un projet solo, enfin il a plein de truc. C'est seulement avec le temps que l'on a réussi à le convaincre.

 

Et donc finalement, vous gardez le nom du groupe et la ligne du groupe avec tout ces changements pour le nouvel album ?

 

Ouais. Ça a été assez préservé d'une certaine manière. C'était pas évident au premier abord mais on a réussi à garder une âme au groupe.

 

Comment vous pensiez l'accueil du publique par rapport au grand retour de Grils In Hawaï, est ce que vous y avez pensé à ça, le fait que vous reveniez avec un nom qui avait marqué les esprits ?

 

L'accueil, au tout départ quand on a voulu faire un disque, on y pensait pas beaucoup, on voulait juste faire un troisième disque. Et puis bon quand le disque était fait, évidemment on a commencé à prendre, est ce qu'il y aurait des gens, pour écouter... Parce que c'est 4/5 ans, un décès, ça fait beaucoup de trucs quand même, tu peux te faire oublier pour moins que ça. Donc voilà à ce moment on s'est quand même posé la question d'avoir un public. Il y a eu un public, en Belgique, les salles se sont toutes remplies, en France ça se passe super aussi.

 

De bons retours sur l'album ?

 

Ouais en presse, on est super content, on est super soulagé en fait.

 

D'accord donc au final vous avez voulu faire un album et une fois qu'il a été fait, le confronter ?

 

Ouais, on a beaucoup donné dans ce disque on avait envie que les gens écoutent ce que l'on avait fait, évidemment.

 

Pour parler du disque justement, vous l'avez fait en studio ? A Paris ?

 

Ouais a Paris

 

C'est quel studio ?

 

Le studio La Frette.

 

Vous l'avez fait dans un temps très cours, avec Tchad Blake ?

 

Thad Blake c'est le gars qui a mixé et nous c'est Luc qui l'a enregistré

 

Ah oui, voilà c'est ça, vous avez rencontré Tchad Blake ?

 

Ouais on a été chez lui, à la fin des mixes.

 

C'était la première fois que vous le rencontriez ?

 

Ouais, c'est quand même un mec que je suis depuis plus de 10 ans, c'est un peu une légende vivante. Il se trouve qu'on a eu absolument zéro contact avec lui pendant les mixes et qu'à la fin on a quand même été lui dire bonjour dans sa ferme au pays de Galle là. C'était très cool. On s'est trouvé face à un type qui faisait plein d'autres choses que du son en fait... Il élève des chevaux, il fait de la photo. C'est très curieux, très loin du mythe, de l'imaginaire, un gars très posé et tout ça.

 

Il a été enthousiaste pour votre projet ?

 

Je pense mais ça c'est difficile à dire, parce que le mec il en a vu tellement que... C'est pas le genre de type qui dit précisément son avis, on a pas été trop lui demander.

 

Il vous pas vu encore en concert c'est ça ?

 

Non je crois pas qu'il viendra. Je crois qu'il a envie de rester tranquillement chez lui. Il a déjà quasi 60 ans, enfin tu vois je crois qu'il a plus envie d'aller passer sa vie dans les concerts à boire des coups.

 

Pour revenir un peu plus sur l'album en terme pratique, pour l'artwork, vous avez choisi de mettre une vague, dans la même ligné vous êtes resté sur des éléments assez naturels, pourquoi une vague du coup ?

 

Pour nous à la base, on voulait exprimer la montagne, parce qu'on avait ce titre Everest qui tournait depuis un petit temps, enfin on l'avait en tête, et on s'est dit que c'était un peu facile d'exprimer le mot, enfin Everest avec une montagne. Et en fait on est tombé sur ce peintre flamand donc belge, qui peint des vagues, comme des montagnes. C'est peinture qui s'appelle Zeberg en néerlandais, qui veut dire montagne d'eau, montagne de mer. Donc voilà, ça collait bien. Pour nous ça collait pour la texture, dans les couleurs, le côté figé... L'énergie de la vague mais figée, qui représentait vraiment ce que l'on avait fait.

 

Qui rejoint l'ambiance de l'album ?

 

Ouais ouais !

 

Parce que c'est vrai que vous avez mis une montagne pour le single Misses.

 

Ouais !

 

Donc il y a eu ce changement mais en gardant la forme ?

 

Ouais c'est dans une continuité.

 

Pour finir, vous avez parlé des groupes de la nouvelle scène belge, de l'autre...

 

De l'autre vague c'est ça ?!

 

Oui, vous avez parlé des BRNS, vous les connaissez un peu ?

 

Ouais ouais, on se connaît un tout petit peu, on s'est croisé quelque fois, c'est vrai qu'il font parti d'une autre sphère de gens, ils sont vachement plus jeunes que nous je crois, oh non pas tellement en fait... Et on va tourner avec eux en Allemagne, et ouais ça fait parti des groupes qui ont vraiment bien marché cette année. Ils ont beaucoup joué, ils ont une belle énergie en live, on est content de les connaître un peu.

 

Est ce qu'il y a des contacts entre vous par exemple et ce qui se fait aujourd'hui sur la scène belge, du fait de cette spécialité belge ?

 

On se connaît tous un petit peu, il y a beaucoup de groupe quand même en Belgique. On se connaît moins avec les groupes flamands au nord. Mais nous on a la chance de beaucoup tourner en Belgique donc fatalement on connaît pas mal de groupes. Mais des amis vraiment, il y a quelques groupes comme les Cassius qui faisait notre première partie normalement ce soir, ouais il en a plein, une nuée de groupes avec qui on s'entend bien mais voilà, ça reste dans des concerts, des festivals, ce ne sont pas des gens qui viennent manger chez moi.

 

Est ce que tu te rends compte, où même avec le groupe, de l'impact de cette scène belge en France, parce qu'en France, il y a cette idée de la scène belge, avec autant les anciens groupes que les nouveaux groupes, Deus, Absynthe Minded aussi, vous vous en rendez compte quand vous venez en France que vous êtes porté par cette idée de la scène belge ?

 

Oui oui, c'est un truc dont on nous parle depuis un petit temps maintenant. Comme s'il y avait une espèce de mine d'or. C'est peut être parce que c'est petit il y a beaucoup de groupes concentrés. Enfin moi il y plein de groupes français que j'adore et j'essaye toujours un peu de le dire. Ado j'ai adoré Diabologum, on est des gros fans de Noir Désire, là récemment Syd Matters, je sais pas pourquoi on les porte pas plus, parce que je trouve qu'ils font des groupes bien meilleurs que les notre. Sans se diminuer, mais c'est vraiment parce que c'est de bonne qualité. Mais je sais pas il y a Mathieu Boogearts dans un autre genre, il y a Bertrand Belin. Ah je sais pas, parfois je trouve que vous être dur avec vos propres groupes. Mais j'avoue qu'il y a eu ces dernières années beaucoup de groupes belges je sais pas il y a eu une excitation qui s'est faite.

 

Que l'on ne retrouve pas forcément en Belgique d'ailleurs !?

 

Non c'est parce qu'on nous on parle dès qu'on sort (de la Belgique), on nous le dit.

 

Une toute dernière question, une question foireuse qui ne marche pas spécialement, qui est spécifique au blog. Pour toi, musique rime avec quoi, aussi dans le sens qu'est ce que ça représente ? Si tu trouves des rimes qui te viennent...

 

Hum, ok... Musique rime avec ludique, parce que c'est un truc, c'est vraiment le mot, le jour ou je perdrait ça, l'amusement de faire de la musique. Je crois qu'il y a vraiment une notion de jeu, tu vois vraiment, un gamin dans un parc à jouets, dans un magasin de jouets quoi. Cette sensation de faire des chansons, de... Enfin il y a ce truc très enfantin, le jour où je le perdrais alors j'arrêterais vraiment de le faire.

 

Pour l'instant ça marche toujours autant ?

 

Ouais, ouais, ouais. C'est pas facile à garder mais...

 

Pas facile de se dire que l'on est aussi là pour s'amuser mais qu'il y a le côté pro aussi ?!

 

Oui c'est pas facile quand ça devient ton occupation principale, il y a le risque que ça deviennent ton métier et un travail donc. Et un travail c'est pas marrant.

C'est je sais plus qui qui disait, c'est Dominique A je crois... Ah non non non c'est un cuisinier qui s'appelle Alain Passart, un parisien, c'est un grand cuisinier. On lui demandait, tu prends jamais de vacances, comment c'est possible ? Les vacances, c'est pour les gens qui bossent. Je trouvais ça génial.

 

Ok, d'accord ! Merci beaucoup !!

 

De rien, de rien !  

Aurel.

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